Enablers - イネーブラ

 
 

ENABLERS

Begun in San Francisco, CA in 2002, Enablers' subsequent four LPs and two EPs have all achieved a certifiable non-compliance with standard approaches to “spoken word” music. The 2015 LP, “The Rightful Pivot,” on Lancashire and Somerset,  proves to be a further development in the band’s powerful sense for difference and absolute indifference to classification.

Band Members: Joe Goldring (former Swans, Toiling Midgets, Touched by a Janitor) on guitar; Kevin Thomson (former Nice Strong Arm, Timco, Touched by a Janitor) also on guitar; published poet, writer, and audiobook narrator Pete Simonelli supplies vocals. Rounding out the line-up is drummer Sam Ospovat (PIKI, Beep!, tUnE-yArDs, William Wynant). 

Discography: End Note (Neurot Recordings); Output Negative Space (Neurot Recordings / Lancashire and Somerset); Tundra (Majic Wallet / Exile on Mainstream / Atypeek Music); Now You Can Answer My Prayers (Lancashire and Somerset / Atypeek Music); The Achievement (Awesome Vistas / Atypeek Music); “New Moon” (Lancashire and Somerset);  Blown Realm and Stalled Explosions (Exile on Mainstream/Lancashire and Somerset / Atypeek Music). The Rightful Pivot (Exile on Mainstream/Lancashire and Somerset / Atypeek Music); Berlinesque (Atypeek Music).

ENABLERS - The Rightful Pivot

Pete Simonelli dispose d’un organe vocal qu’on imagine aussi propice à la lecture de contes de fées qu’à ta des­cription méticuleuse d’hor­reurs sans nom. Il en fait d’ailleurs métier, puisque son activité la plus lucrative est d’être lecteur pour des ver­sions audio d’œuvres littérai­res. Profonde, grave, expressive et distanciée à la fois, flan­quée d’un timbre radiophonique et d’un débit serein, sa voix est des plus envoûtantes. Enablers s’est bâti autour de cet atout qui s’avère majeur, tant on sait de longue date que dans le rock l’impact du chant permet de distinguer le bon du très bon, et par extension, de l’exceptionnel. Pour le groupe né à San Francisco, le théorème se vérifie amplement et, régulière­ment comparé à Slint, June Of 44 ou Codeine (depuis le pas­sage de Doug Sharin à la batterie), il surclasse globalement ses ancêtres (sans remettre en cause leur qualité intrinsèque ou leur importance historique) grâce notamment au charisme, à sa tessiture et aux textes de Simonelli. Pour autant, il ne fau­drait pas réduire le sortilège Enablers aux seules qualités de son vocaliste. Car tout autour, Goldring et Thomson, les guita­ristes fidèles au poste depuis 2004, et Sam Ospovat, nouveau batteur débauché des clubs de jazz expérimental, concoctent des paysages phoniques empreints d’une grâce absolue, où la subtilité le dispute à la majesté. Bien plus qu’une espèce de spoken word sur fond musical, le quatuor constitue une véri­table entité sonore (à l’instar d’Oxbow ou Big Sexy Noise), portée par la symbiose entre le chant et l’architecture labyrinthique de notes et de rythmes, une sorte d’orfèvrerie appli­quée à l’après-rock, Pour ce cinquième album, pas vraiment de rupture avec la formule développée depuis une décennie, mais la poursuite d’une évolution qui a vu le groupe délaisser petit à petit les champs les plus noisy pour s’aventurer sur des terres plus harmonieuses, préservant malgré tout la tension, le mordant et une certaine colère, plus contenue désormais. Alors que Blown Realms and Stailed Explosions (2011) était fortement marqué par la frappe métronomique de Sharin. ren­dant l’ensemble anguleux et percussif, The Rightfui Pivot s’avère au contraire solaire, presque apaisé, et Simonelli peut continuer à avancer sur l’introduction de mélodies vocales, ses acolytes explorant pour leur part des zones moins conflic­tuelles qu’à l’accoutumée, à grand renfort de soyeuses at­mosphères célestes. Les initiés devraient en rougir de contentement, rejoints par les nouveaux convertis, qui pourraient bien être légion cette fois-ci. 8,5/10.

Gilles Garrigos - New Noise

Né à San Francisco de la rencontre du poète Pete Simonelli avec le guitariste Kevin Thomson (Timco, Morning Champ), Enablers devient rapidement un véritable conglomérat de pointures du rock indé lorsque se joignent à l'aventure Joe Goldring (Swans, Toiling Midgets) également à la guitare, et Joe Byrnes (Tarnation, Broken Horse) à la batterie. Puis succèderont à ce dernier Doug Scharin (June of 44, Codeine) et enfin Sam Ospovat (Beep !, Piki). Dès les débuts du groupe, l'intention a toujours été, selon Thomson, de « repousser les limites du terme « groupe de rock ». Une mission dont Enablers s'est largement acquitté en cinq albums, parmi lesquels le tout récent The Rightful Pivot ; une preuve supplémentaire qu'aucune étiquette ne colle au « plus européen des groupes américains ». Toujours plus loin des mouvances beat et post-rock auxquels on veut sans cesse l'affilier, Enablers navigue dans ses propres eaux, mais à vue. Le voyage promet donc d'être toujours unique.

Thomas Dantil

ENABLERS - TUNDRA

Il semble que les Enablers, sous certains aspects, perpétuent ce qu’ont initié les beats de San Francisco ; de Kerouac et ses descriptions de nuits endiablées de jazz et lecture à l’épuisement d’Enablers sur la route, dans l’ombre, à travers le monde, en Amérique comme sur le Vieux-Continent. Comme ces illuminés d’Amérique, Enablers est déchiré entre extase, colère et tristesse, comme eux ils fondent musique et poésie.

Entre l’introspection contemplative d’une instru posée et les coups de sang noise, façon Slint, avec par dessus tout la voix profonde de Pete Simonelli qui se fond dans la musique. Pas de chant, Simonelli parle. Les textes sur la musique, la musique dans les textes, un dialogue constant l'un avec l'autre. Aussi le pendant littéraire et la violence cathartique des guitares noise (New Moon, Tundra) rappellent un lointain Oxbow que les arpèges quasi post rock (Februaries) feront aussitôt oublier.

Au-delà de ces gratifiantes comparaisons, force est de constater que la musique d’Enablers est unique, simple sans être simpliste, mais que par-dessus tout elle vit, elle est sincère. Si la compréhension de la langue est un plus non négligeable, ce n’est - me semble-t-il - pas une barrière à l’émotion.

L’album se termine sur reprise de Four Women de Nina Simone à la beauté frappante, dans la droite lignée de la sobriété de Tundra.

Comme les autres disques des Enablers, Tundra respire profondément la classe. Mais de tout ce qu’ils ont écrit, c'est peut-être l’œuvre la plus poignante.

PS : Les deux versions LP et CD se trouvent respectivement chez Lancashire and Somerset Records et chez Majic Wallet Records. Les deux brillent par leur sobriété, quoi de mieux pour accompagner Tundra.

www.metalorgie.com/groupe/enablers

 

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The Rightful Pivot

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Blown Realms and Stalled Explosions

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Tundra

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Now You Can Answer My Prayers

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